Théâtre du Parc

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Dans le Parc de Bruxelles, sur la rue de la Loi, un théâtre fut construit par les frères Bultos sur base des plans de l’architecte Montoyer, en 1782, pendant la période autrichienne.

Le Théâtre du Parc sert d’abord d’annexe au Théâtre de la Monnaie : les frères Bultos, exploitent les deux théâtres en même temps, le Parc étant dévolu aux spectacles présentés par de jeunes comédiens et servant, en quelque sorte, d’école d’art dramatique du Théâtre de la Monnaie.

Le théâtre devint assez rapidement une salle classique, où se jouèrent les grands drames romantiques puis la comédie, principalement avec l’appui de troupes ou d’acteurs parisiens.

Depuis les années 1930, des compagnies théâtrales belges francophones y occupent constamment l’affiche.

En 2000, il a fait l’objet d’une importante restauration à l’identique et a été amélioré pour certains de ses aspects de confort et pratiques, permettant notamment aux moins valides et aux malentendants de profiter pleinement des représentations.

Anecdotes :

  • Pendant la guerre de 1914-1918, le Théâtre Royal du Parc est réquisitionné par les Allemands et ne donna que des représentations allemandes sous le patronnage de la Bildungs-Zentrale.
  • Propriété de la Ville de Bruxelles depuis 1816, le théâtre a été un enjeu dans l’histoire de l’affirmation de l’identité flamande, puis belge… et enfin bruxelloise.
  • Le 12 germinal an 8 (en 1798), une société d’amateurs avait annoncé, au théâtre du Parc, une représentation de Pygmalion et distribué de nombreux billets de faveur. Le soir du spectacle, la salle est comble. On attend que le rideau se lève, mais rien n’arrive alors que l’heure indiquée pour le début du spectacle est dépassée. Comme le rapporte un témoin de la scène, “le jeu des lorgnettes et la médisance firent prendre le mal en patience”. Mais bientôt le public se mit à manifester en de bruyantes démonstrations qui durèrent près d’1 heure. Mais voici que le silence se fait : le rideau se lève. Pour laisser voir un grand écriteau sur lequel on lit : Poisson d’avril ! Nul ne s’était souvenu que le 12 Germinal correspondait au 1er avril! 

Source : Théâtre Royal du Parc + l’Almanach de Cassandre

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L’avenue Jef Lambeaux

Cette rue qui relie Hôtel de Ville à l’entrée de la Prison de Saint-Gilles honore le sculpteur Jef Lambeaux (Anvers, 1852 – Bruxelles, 1908), qui habita une grande partie de sa vie à Saint-Gilles (104, rue Bréart).

Jef Lambeaux, membre de l’Académie Royale de Belgique, a notamment sculpté la célèbre fontaine Brabo qui trône sur la Grand-Place d’Anvers, rappelant les origines légendaires du nom de la Ville. Antwerpen viendrait, en effet, de « hand werpen » (jeter la main). On raconte que le Géant Druon Antigone exigeait un important péage à tous ceux qui voulaient remonter le cours de l’Escaut. Les mauvais payeurs se faisaient trancher la main par le Géant. Silvius Brabo, un soldat Romain, tua le géant Druon Antigone à Anvers, et pour venger les victimes, lui trancha la main, et la jeta dans l’Escaut.

A l’heure actuelle, la rue reste un musée en plein air des principales tendances architecturales du début du 20ème siècle. Citons notamment :

  • les deux maisons se faisant face aux n°1 et n°2 (François Verdonck de style modernistes, 1954)
  • le n°12 pour ses châssis, Maison de la famille des architectes Peereboom (Art Nouveau, 1898) – C’est ma préférée.
  • le n°16 (Néoclassique, 1899)
  • le n°18 de l’architecte Henri Van Massenhove (éclectique, 1898)
  • le n°37 (Beaux-Arts, 1910)

La Joyeuse Entrée

L’avenue de la Joyeuse Entrée part de l’extrémité de la Rue Belliard, longe toute l’extrémité Ouest du Parc du Cinquantenaire et se prolonge par l’Avenue de Cortenbergh. Des trémies d’accès aux bretelles de tunnels (Tunnel de la Joyeuse Entrée, sous le Rond-point Schuman) vers la Rue de la Loi depuis l’avenue d’Auderghem et vers l’avenue de Cortenbergh depuis la rue Belliard y ont été aménagées.

Si la tradition de la Joyeuse Entrée d’un nouveau souverain s’est perpétuée jusqu’à nos jours, ses origines évoquent un fait capital de l’histoire du Duché de Brabant.

En décembre 1355, le Duc Jean III mourut en ne laissant que trois filles. Le Duché de Brabant risquait d’être divisé. Afin d’éviter cette situation, une Charte, dite de Joyeuse Entrée fut élaborée et fut signée par Jeanne de Brabant, la fille aînée de Jean III, et son mari Venceslas Ier de Luxembourg. La Charte de Joyeuse Entrée défendait l’indivisibilité du Duché du Brabant et la conservation de l’identité brabançonne. Datée du 3 janvier 1356, cette charte fut le pacte fondamental qui servit de base au droit public brabançon jusqu’à la fin du 18ème siècle. Pour tout acte de politique étrangère (alliance, déclaration de guerre, cession de territoire et traité), le Duc devait avoir le consentement de l’assemblée des trois ordres (noblesse, clergé et représentant des villes). En politique intérieure, les représentants des trois ordres votaient les impôts, la frappe des monnaies et participaient à l’administration du Duché. Tous les Brabançons étaient égaux devant la Loi et aucune arrestation, sauf en cas de flagrant délit, ne pouvait être opérée sans décret judiciaire. La Charte comprenait également une clause d’insubordination qui donnait le droit aux sujets de s’opposer au Duc de Brabant si celui-ci ne respectait pas les dispositions de la Joyeuse Entrée.

Chaque souverain du Brabant (Duc, Gouverneur, etc.) devait jurer de respecter cette Charte avant sa “Joyeuse Entrée”. Les Joyeuses Entrées donnaient lieu à des réjouissances et des fêtes qui se traduisaient par un cortège des nouveaux souverains dans la ville, où chaque corporation de métier et chaque organe administratif, s’affichait.

Anecdotes :

  • Dans le Brabant, le Nouvel An était fixé au jour de Pâques, à l’époque. La Charte de la Joyeuse Entrée est, de ce fait, parfois datée du 3 janvier 1355.
  • Philippe de Belgique et Mathilde d’Udekem d’Acoz, ducs de Brabant, firent des Joyeuses Entrées dans les chefs lieux provinciaux du pays, en 1999. J’étais présente à la Joyeuse Entrée de Wavre, le drapeau belge à la main. C’est l’école qui nous avait obligés.
  • L’Ommegang est la commémoration de la Joyeuse Entrée de Charles Quint à Bruxelles en 1543.